Résumé
- Votre site attire des visiteurs qui repartent sans laisser de nom. Un tunnel de vente leur propose une seule chose utile : une page, une offre, un formulaire, puis une suite d’emails, jusqu’au rendez-vous. Le visiteur n’a que deux choix : avancer ou partir.
- Il sert à faire ce que votre site ne fait pas : transformer du trafic en contacts, trier les projets sérieux, garder le lien avec ceux qui ne sont pas prêts, et mesurer chaque étape.
- Il se construit en neuf étapes, du problème de votre cible jusqu’à la délégation. La partie la plus importante n’est pas technique : c’est l’offre.
Lundi matin, vous ouvrez les statistiques de votre site. Les visites sont là. La courbe monte même un peu. Puis vous ouvrez votre agenda de la semaine : pas un rendez-vous vendeur venu du site.
Les visiteurs arrivent, regardent deux annonces, lisent votre page « Qui sommes-nous », et repartent. Sans laisser de nom, sans laisser d’email. Parmi eux, il y avait peut-être un propriétaire qui pense à vendre au printemps. Il est reparti sans que vous le sachiez. Le jour où il se décidera, il appellera l’agence dont il a gardé le contact. Pas vous. Et le site, les publications, la publicité qui l’ont amené jusqu’à vous, c’est vous qui les avez payés.
Pendant longtemps, j’ai cru que le problème était le trafic. Il fallait plus de visites, plus de publications, plus de publicité. Le problème n’était pas le trafic. C’était ce qu’on faisait de lui. Un visiteur sans direction ne fait rien. Un visiteur à qui l’on propose une seule chose utile, au bon moment, la fait.
C’est exactement ce que fait un tunnel de vente. Ce guide le construit avec vous : à quoi il sert, pour qui, comment le monter étape par étape et comment savoir s’il marche.
Sommaire
- Qu’est-ce qu’un tunnel de vente immobilier ?
- Pourquoi votre site ne suffit-il pas ?
- À quoi sert concrètement un tunnel de vente ?
- Est-ce vraiment fait pour vous ?
- De quoi un tunnel est-il fait ?
- Comment construire votre premier tunnel, étape par étape ?
- Que faire des contacts qui ne prennent pas rendez-vous ?
- Comment savoir si votre tunnel fonctionne ?
- Avec quels outils ?
- Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un tunnel de vente immobilier ?
Un tunnel de vente est un parcours marketing structuré qui transforme un visiteur inconnu en contact qualifié, puis en client. Il le fait par une succession d’étapes courtes, chacune avec un seul objectif.
On parle de tunnel, ou d’entonnoir (« funnel » en anglais), parce qu’à chaque étape une partie des visiteurs avance et une autre s’en va. À la fin, il ne reste que les plus motivés : ceux qui sont prêts à accepter un rendez-vous pour une estimation, une visite ou un premier échange.
Le principe qui le distingue de tout le reste : une seule direction. Pas de menu, pas de liens vers d’autres pages, pas de sortie latérale. Une fois entré, le visiteur peut avancer et se qualifier, ou fermer la page. Rien d’autre.
| Site d’agence classique | Tunnel de vente | |
|---|---|---|
| Objectif | Présenter l’agence, ses services, ses annonces | Obtenir une action précise (télécharger, s’inscrire, prendre rendez-vous) |
| Navigation | Libre, d’une page à l’autre | Une seule direction, sans menu |
| Ce que fait le visiteur | Il regarde, puis repart | Il avance ou il part |
| Ce qu’il laisse | Rien, la plupart du temps | Son nom, son email, son projet |
| Ce que vous mesurez | Des visites | Le taux de passage à chaque étape |
| Ce qu’il produit | De la présence | Des contacts, des rendez-vous, des mandats |
Pour la comparaison détaillée, voir site web ou tunnel de vente : de quoi avez-vous vraiment besoin.
À retenir — Un site informe. Un tunnel convertit et qualifie. Les deux ne s’opposent pas : le tunnel se branche sur le site, il ne le remplace pas.
Pourquoi votre site ne suffit-il pas ?
Il y a quinze ans, avoir un site d’agence était un vrai avantage. Entre confrères, on se demandait : « Et toi, tu as fait ton site ? » Aujourd’hui, toutes les agences, tous les réseaux, tous les mandataires en ont un. Ce n’est plus une différence, c’est un minimum.
Et la plupart de ces sites se ressemblent. Une page d’accueil qui parle de l’agence. Une page vente, une page achat. Une page contact. Une page « à propos ». Parfois un formulaire d’estimation. Rarement plus.
Le site est pourtant devenu le point où tout converge. Les gens qui voient vos publications, qui consultent votre fiche Google, qui reçoivent vos emails finissent un jour sur l’une de vos pages. C’est là que tout devrait se passer. Et c’est là qu’il ne se passe presque rien, parce que le site offre trop de possibilités : lire, regarder des annonces, cliquer ailleurs. Tout, sauf ce que vous attendez de lui. Une fois sa promenade terminée, le visiteur s’en va, sans promesse de retour.
La vraie question n’est donc pas « comment avoir plus de visiteurs ? », mais « que fait le visiteur une fois arrivé ? ». Vous n’avez pas besoin de dix mille personnes prises au hasard. Vous avez besoin des quelques centaines qui ont un projet et qui pourraient prendre rendez-vous. Le tunnel sert à les trouver dans la masse.
Pour rendre votre site lui-même plus utile, voir le guide du site internet immobilier qui rapporte des mandats.
À quoi sert concrètement un tunnel de vente ?
Transformer un intérêt poli en opportunité réelle
Le visiteur clique parce que sa curiosité est éveillée. Il reste parce que la page répond à son problème. Il remplit le formulaire pour en savoir plus. Quand vous l’appelez, il sait déjà ce que vous proposez et pourquoi. Ce n’est plus un appel à froid, c’est une suite logique.
Trier les projets sérieux
Tous les contacts ne se valent pas. Quand vous faites du porte-à-porte ou que vous appelez des particuliers trouvés sur les portails, vous ne faites aucun tri préalable. Vous lancez le filet au hasard.
Le tunnel trie pour vous. Il vous permet :
- d’identifier les propriétaires réellement motivés ;
- d’écarter les curieux sans projet ;
- de concentrer vos appels sur ceux qui ont le plus de chances de signer.
Moins de temps perdu, plus de rendez-vous utiles.
Travailler quand vous ne travaillez pas
La prospection classique demande du temps, tous les jours, et ne laisse rien derrière elle. Un tunnel, une fois en place, fonctionne le soir, le week-end, pendant vos vacances. Il récupère des contacts, envoie les premiers emails et vous signale ceux qui méritent un appel.
Mesurer chaque étape
Avec un tunnel, tout se compte : combien de personnes arrivent sur la page, combien remplissent le formulaire, combien prennent rendez-vous. Vous savez ce que coûte chaque contact et ce que rapporte chaque campagne. Avec un abonnement à un portail, vous payez chaque mois sans savoir quel clic a produit quelle vente. Vous savez seulement ce que vous perdez les mois où rien ne se vend.
Redonner du sens à la prospection terrain
Personne n’aime prospecter. Les portes qui se ferment, les « non » secs, les journées sans résultat. Le tunnel ne supprime pas le terrain : il lui donne une raison d’être, de trois façons.
- Vous avez quelque chose à offrir. Au lieu de « je passe pour savoir si vous vendez », vous proposez un argus des prix du quartier, à télécharger depuis votre page.
- Vous savez qui cibler. Si votre tunnel s’adresse aux propriétaires de maisons, c’est chez eux que vous passez.
- Vous mesurez enfin le terrain. Un QR code sur votre flyer mène à la page. Vous savez combien de personnes l’ont scanné et combien ont laissé leurs coordonnées (10 façons d’utiliser le QR code).
Le tunnel devient une passerelle entre la rue et le web. Voir aussi la prospection terrain est-elle toujours utile.
Vous rendre moins dépendant des portails
Les portails vous apportent surtout des acquéreurs, partagés avec tous vos concurrents, et une ligne de plus dans vos charges. Un tunnel génère des contacts par vos propres moyens. Il ne remplace pas les portails du jour au lendemain, mais il vous donne une source de contacts qui vous appartient (laissez tomber les portails d’annonces).
Est-ce vraiment fait pour vous ?
Les deux situations où le tunnel se justifie le plus
Votre activité tourne, mais vous voulez la faire grandir. Dans la vraie vie, un propriétaire ne vous confie pas un mandat exclusif au premier contact. Il faut d’abord montrer ce que vous savez faire, apporter de la valeur, jusqu’à ce qu’il penche naturellement vers vous. Le tunnel installe cette relation de confiance avant même le premier rendez-vous, et vous amène des mandats de meilleure qualité.
Le marché se tend et les appels se font rares. Quand les acquéreurs n’appellent plus et que la pige ne paie plus, il faut se concentrer sur les mandats qui se vendent vraiment. Le tunnel travaille sur le long terme : un contact pris aujourd’hui peut se décider dans six, douze, dix-huit mois. C’est long. Mais ce contact vous connaît déjà le jour où il se décide.
Les trois phrases qui empêchent de commencer
Quand j’échange avec des directeurs d’agence, des têtes de réseau ou des mandataires, le tunnel de vente les intéresse presque toujours. Et pourtant, peu se lancent. Ce n’est pas la technique qui les arrête. Ce sont trois phrases.
| Ce qu’on se dit | Ce qui se cache derrière | La réponse |
|---|---|---|
| « Ce n’est pas fait pour moi. » | Mon marché n’est pas mûr, mes clients ne sont pas sur internet | Vos propriétaires cherchent en ligne avant d’appeler. Si ce n’est pas vous qu’ils trouvent, c’est l’agence d’en face |
| « Je ne sais pas comment faire. » | Je n’ai pas les compétences techniques | Les outils actuels se manipulent sans code. Le vrai travail, c’est l’offre, et celle-là, vous la connaissez mieux que quiconque |
| « Je n’ai pas les moyens de le faire tourner. » | Pas le temps, une équipe qui ne suivra pas, pas de trafic | Un premier tunnel se monte en quelques jours. Ensuite il tourne seul, et il se délègue |
Pour les briser, trois questions suffisent. À quel problème votre tunnel répond-il ? Quelle opportunité offre-t-il ? Comment le construire concrètement ? Ce sont les trois premières étapes de la méthode plus bas.
De quoi un tunnel est-il fait ?
Les étapes du parcours
| Étape | Ce que voit le visiteur | Son rôle |
|---|---|---|
| Le déclencheur | Une publication, une publicité, un email, un article, un QR code | Capter l’attention et donner envie de cliquer |
| La page d’atterrissage | Une page qui nomme un problème et propose une solution | Faire passer d’un intérêt à une décision |
| Le formulaire | Quelques champs : prénom, email, éventuellement téléphone et projet | Transformer le visiteur en contact |
| La suite d’emails | Le contenu promis, puis des messages utiles espacés dans le temps | Entretenir la relation jusqu’à ce que le projet mûrisse |
| La conversion | Une proposition de rendez-vous, d’appel ou d’estimation | Passer du contact au mandat |
La page d’atterrissage (landing page) est la pièce centrale : voir ce qu’est une landing page et 10 règles pour qu’elle génère des contacts.
Les trois briques sans lesquelles rien ne tient
- L’offre. C’est elle qui fait tout : elle attire le clic, pousse à remplir le formulaire, et donne envie de prendre rendez-vous. Sans offre, le plus beau tunnel ne mène nulle part. Voir créer une offre immobilière impossible à refuser.
- L’échelle de valeur. Ce que vous donnez à chaque étape pour convaincre d’avancer : un contenu gratuit, puis un conseil, puis un rendez-vous. Voir l’échelle de valeur, brique fondamentale du tunnel.
- Le logiciel. Pour héberger la page, récupérer les contacts, envoyer les emails et vous prévenir au bon moment.
Un tunnel ne vit jamais seul
Un tunnel n’est pas une île. Il doit être branché sur une stratégie : des objectifs, une cible précise, des contenus réguliers, au moins un canal de diffusion. Il n’y a pas de tunnel sans déclencheur, et le déclencheur, c’est votre communication. Un tunnel posé sans rien autour n’aura simplement pas de visiteurs.
Cela suppose aussi un changement de posture. Le tunnel n’est qu’un outil. Il sert le conseiller qui connaît son marché, sa cible et la valeur qu’il apporte. Pour s’en servir, il faut accepter de devenir un peu marketeur.
Comment construire votre premier tunnel, étape par étape ?
Voici la méthode, dans l’ordre où je la fais suivre. Les trois premières étapes se font avec un carnet, pas avec un logiciel : c’est là que se décide si le tunnel rapportera des rendez-vous.
Étape 1 : nommer le problème de votre cible
Avant tout, une question : à quel problème votre tunnel répond-il ? Pour y répondre, il faut savoir :
- Qui vous visez : vendeurs, acquéreurs, investisseurs, candidats au recrutement ?
- Quel projet ils ont : résidence principale, investissement, succession, achat-revente ?
- Ce qui les bloque : le prix, le délai, la peur de vendre avant d’avoir acheté, les démarches ?
Un tunnel, une cible, un problème, un message. Si vous proposez un guide sur la piscine écologique à une clientèle de propriétaires d’appartements en ville, même le meilleur tunnel ne fera rien : il ne répond à aucun besoin réel. Pour cerner votre audience, voir 6 questions pour identifier votre audience cible.
Étape 2 : choisir l’opportunité que vous offrez
Votre tunnel ne doit pas proposer « un peu mieux que les autres ». Il doit proposer un changement de situation. C’est la différence entre une offre améliorée et une nouvelle opportunité (poussez votre prospect à changer de statut).
Prenons un tunnel construit autour d’une seule propriété à vendre. Qui change de situation ?
- Le vendeur : au lieu d’être une annonce de plus noyée parmi des centaines sur les portails, il a sa propre page, qui raconte son bien et le met en valeur.
- L’acquéreur : on ne lui vend pas des mètres carrés, on lui propose une nouvelle vie, une chambre par enfant, un jardin, le même quartier en plus grand.
- Vous : vous justifiez votre mandat exclusif par un moyen de promotion que les autres n’offrent pas. Une fois la vente faite, vous avez une preuve à montrer et un témoignage à publier.
Étape 3 : construire une offre à forte valeur perçue
Une offre n’est pas « estimation gratuite ». Tout le monde la propose. Une offre répond à une peur précise, promet un résultat et vous engage. Pour le détail, voir créer une offre immobilière impossible à refuser, et pour son rôle dans le tunnel, obtenir des estimations grâce à une offre parfaite.
Étape 4 : écrire la page d’atterrissage
Elle contient peu de choses, mais chacune compte :
- Une promesse qui parle au problème du visiteur. Pour une propriété : « Une chambre pour chaque enfant, sans changer de quartier ». Pour des vendeurs : « Combien vaut votre maison ce trimestre, rue par rue ».
- Des arguments concrets. Pour une propriété : le balcon, la vue, l’école à deux rues, le parc à cinq minutes, sans oublier la surface, le nombre de pièces et le prix. Pour un contenu : ce que le lecteur va apprendre.
- Un appel à l’action avec un verbe clair : « Recevoir l’argus », « Réserver une visite », « Prendre rendez-vous » (créer des boutons d’appel à l’action qui fonctionnent).
- Un formulaire court.
Pour une page consacrée à une propriété, préparez beaucoup d’informations en amont : sur le logement, sur ce que le propriétaire y a aimé, sur le quartier. C’est ce qui permet d’écrire autre chose que le descriptif habituel que plus personne ne lit.
Étape 5 : penser le formulaire comme un outil de tri
Le formulaire n’est pas une simple case « contact ». C’est le point de bascule : le visiteur devient un contact. Bien pensé, il sert à :
- récupérer les coordonnées en échange du contenu ;
- qualifier le projet (type de bien, délai, situation) ;
- déclencher la bonne suite selon les réponses ;
- vous prévenir quand un contact est chaud.
Adaptez-le à chaque tunnel et à chaque étape, et posez-le aussi ailleurs : en bas d’un article de blog, sur votre page d’accueil, sur votre page contact. Gardez-le court : chaque champ de plus fait partir des visiteurs. Le détail dans créer un tunnel de vente avec des formulaires personnalisés.
Un point qui n’est pas optionnel : pour envoyer des emails commerciaux à un particulier, la CNIL exige son consentement préalable. La CNIL recommande de le recueillir par une case à cocher, et interdit la case pré-cochée (la prospection commerciale par courrier électronique).
Étape 6 : programmer la suite d’emails
Le formulaire rempli, le travail commence. Un premier email livre ce qui a été promis. Les suivants entretiennent la relation. Pour le tunnel d’une propriété, par exemple :
- un remerciement et la confirmation de la demande ;
- les créneaux de visite disponibles ;
- un contenu utile sur le quartier, ou une invitation à vous suivre sur votre réseau principal ;
- une relance simple : « Vous avez pu y réfléchir ? »
Le principe et la méthode d’écriture sont dans ce qu’est une séquence d’emails.
Étape 7 : amener du trafic ciblé
Votre tunnel se nourrit de plusieurs sources :
- le référencement local et votre blog ;
- un réseau social, choisi selon votre clientèle ;
- la publicité ciblée (Google, Facebook, Instagram) ;
- vos emails et votre newsletter ;
- le terrain, avec un QR code.
Choisissez-en un ou deux et tenez-les. Pour une propriété, une publicité ciblée sur les habitants de la ville et ceux qui cherchent à s’y installer fonctionne bien comme déclencheur. Une règle à ne jamais oublier : la promesse de la publicité et celle de la page doivent être les mêmes. Si le message change entre le clic et l’arrivée, le visiteur repart.
Étape 8 : tester, mesurer, corriger
Lancez, puis regardez les chiffres à chaque étape. Si beaucoup de gens arrivent et peu remplissent le formulaire, c’est la page ou l’offre. Si beaucoup remplissent et personne ne prend rendez-vous, c’est la suite d’emails ou la relance. Corrigez une seule chose à la fois.
Étape 9 : déléguer
Une fois le tunnel réglé, confiez-le à votre équipe : suivi des contacts, relances, mise à jour des contenus. Vous gardez la lecture des chiffres et le choix de la prochaine offre.
| # | Étape | Ce que vous avez à la fin |
|---|---|---|
| 1 | Nommer le problème | Une cible et un problème, en une phrase |
| 2 | Choisir l’opportunité | Ce qui change pour le client, et pour vous |
| 3 | Construire l’offre | Une promesse qui vous engage |
| 4 | Écrire la page | Promesse, arguments, appel à l’action, formulaire |
| 5 | Penser le formulaire | Des contacts qualifiés, avec leur consentement |
| 6 | Programmer les emails | Une suite qui tourne seule |
| 7 | Amener du trafic | Un ou deux canaux tenus dans la durée |
| 8 | Mesurer et corriger | Le chiffre de chaque étape |
| 9 | Déléguer | Un système qui ne dépend plus de vous |
Erreur fréquente — Commencer par l’outil. On choisit un logiciel, on monte une page en un après-midi, on la diffuse, et rien ne se passe. Le problème n’est presque jamais technique : c’est l’offre. Une page parfaite autour de « estimation gratuite » ne fera pas mieux qu’un flyer.
Trois exemples de tunnels
| Tunnel | Pour qui | Ce qu’on offre | Ce qu’on obtient |
|---|---|---|---|
| Vendeurs | Propriétaires du secteur | Un argus des prix du quartier, à télécharger | Des contacts vendeurs, un suivi jusqu’à l’estimation |
| Une propriété | Acquéreurs ciblés sur la ville | Une page consacrée au bien, avec réservation de visite | Des visites qualifiées, un argument pour l’exclusivité |
| Recrutement | Candidats conseillers | Une présentation de votre agence et de votre méthode | Des candidatures de gens qui savent déjà où ils mettent les pieds |
Que faire des contacts qui ne prennent pas rendez-vous ?
C’est là que se joue la vraie valeur du tunnel. Prenons un exemple, avec des chiffres choisis pour l’illustration :
- 1 000 personnes arrivent sur la page ;
- 300 remplissent le formulaire ;
- 50 prennent rendez-vous.
Cinquante rendez-vous pour mille visiteurs, cela peut sembler peu au regard du temps et du budget engagés. Mais ce n’est pas le seul résultat. Il y a aussi 250 personnes entrées dans votre base, qui ont un projet, qui ont lu votre contenu, et qui ne sont pas encore prêtes. Dans l’immobilier, un tunnel vend rarement tout de suite. On devrait presque l’appeler « tunnel de contact ». Il remplit votre fichier, comme on glisse des pièces dans une tirelire.
Ces 250 contacts, il faut les entretenir. Votre tunnel est relié à vos emails : séquence, newsletter, messages espacés pendant des semaines, des mois, parfois des années, jusqu’au jour où le projet devient concret.
Mais attention. Un email récupéré n’est pas une autorisation de harceler. Mettez-vous à la place du propriétaire : il a téléchargé votre argus, il est intéressé. S’il reçoit chaque semaine « Demandez votre estimation gratuite », il se désabonne, ignore vos messages, ou pire, les signale comme indésirables, ce qui abîme la réception de tous vos envois. Chaque message doit apporter quelque chose. Pour relancer sans faire fuir, voir comment relancer vos prospects intelligemment, et pour la newsletter, à quoi sert une newsletter en immobilier.
« Si je donne tout gratuitement, ils vendront seuls. »
C’est l’objection qui revient le plus. Elle ne tient pas. Cherchez sur internet comment changer une courroie de distribution : vous trouverez la liste des étapes. Savez-vous pour autant le faire ? Avez-vous envie d’essayer sur votre voiture ? Probablement pas. Avoir l’information et savoir s’en servir sont deux choses différentes.
Quand vous publiez un guide pour vendeurs, vous éduquez votre lecteur. Vous restez le mieux placé pour mener la vente, parce que vous apportez ce qu’un guide ne donne pas : votre expérience, votre marché, votre réseau. Et le propriétaire qui voulait vendre seul l’aurait fait de toute façon. Voir donner du contenu immobilier gratuitement, est-ce une bonne idée.
Comment savoir si votre tunnel fonctionne ?
Parce que le visiteur n’a que deux options, chaque étape se mesure.
| Étape | Indicateur | Si le chiffre est faible |
|---|---|---|
| Déclencheur | Nombre de clics vers la page | Revoir l’accroche, le ciblage ou le canal |
| Page | Part des visiteurs qui remplissent le formulaire | Revoir la promesse, l’offre ou la longueur du formulaire |
| Emails | Taux d’ouverture et de clic | Revoir les objets, l’utilité des messages, le rythme |
| Conversion | Part des contacts qui prennent rendez-vous | Revoir la proposition de rendez-vous et la relance téléphonique |
| Résultat | Mandats signés, coût par contact, coût par mandat | Comparer à ce que vous coûtent vos autres canaux |
Le calcul du retour sur investissement devient simple : ce que vous avez dépensé pour le tunnel et la publicité d’un côté, les honoraires encaissés de l’autre. Vous savez combien vous a coûté chaque contact et quelle marge la campagne a laissée.
Avec quels outils ?
Il vous faut de quoi créer des pages sans code, des formulaires reliés à votre fichier de contacts, des séquences d’emails, des règles qui déclenchent une action quand un contact remplit un formulaire, et un tableau pour lire les chiffres. Si ces outils sont séparés, il faut les connecter entre eux, et chaque connexion est un endroit où un contact peut se perdre.
C’est ce que fait Prospeneo, le logiciel que nous éditons : tunnels de conversion sans code, formulaires personnalisés, email marketing et automatisations, au même endroit que votre prospection et vos transactions. Il démarre à 73 € par mois, avec un essai gratuit de 14 jours.
Une première version (une offre, une page, un formulaire, quatre ou cinq emails, un QR code sur vos flyers) se monte en quelques jours de travail concentré. Ce n’est pas magique : ensuite, il faut diffuser, lire les chiffres et améliorer, mois après mois.
Pour aller plus loin
- Créer une offre immobilière impossible à refuser
- Attirer des vendeurs sans prospecter : le guide du marketing d’attraction
- Le guide du site internet immobilier qui rapporte des mandats
- Ce qu’est un lead magnet et à quoi il sert
Questions fréquentes
Un tunnel de vente est-il adapté à un indépendant ?
Oui. Agent seul, mandataire en réseau, directeur d’agence : le principe est le même. Pour un indépendant, c’est même souvent le moyen le plus simple d’avoir des contacts qui arrivent sans dépendre de son temps de terrain.
Faut-il payer de la publicité pour qu’un tunnel fonctionne ?
Non. Il peut être alimenté par votre blog, le référencement local, un réseau social, vos emails ou le terrain avec un QR code. La publicité accélère, surtout au lancement. L’idéal est de combiner une source durable et une source rapide.
Combien de temps avant les premiers résultats ?
Les premiers contacts arrivent dès que la page est diffusée. Les mandats suivent le rythme des projets des propriétaires : certains sont prêts tout de suite, d’autres dans un an. C’est pour cela qu’il faut commencer tôt et entretenir la relation.
Quelle différence entre un tunnel de vente et une landing page ?
La landing page est une étape du tunnel : la page d’arrivée, avec son offre et son formulaire. Le tunnel, c’est tout le parcours, du déclencheur jusqu’au rendez-vous, avec les emails entre les deux.
Faut-il un tunnel par cible ?
Oui. Un tunnel, une cible, un problème. Un tunnel pour les vendeurs de maisons et un autre pour les acquéreurs d’une propriété précise ne disent pas la même chose. Mieux vaut un premier tunnel qui marche que trois qui parlent à tout le monde.
Sources
- CNIL, La prospection commerciale par courrier électronique, consultée le 23/10/2026.