• Auteur/autrice de la publication :
  • Temps de lecture :25 min de lecture

Réseaux de mandataires : rêve ou chimère

« Prenez votre liberté », « Devenez votre propre patron », « Gagnez 10 000 euros par mois »… Ces promesses alléchantes inondent les réseaux sociaux pour recruter de nouveaux agents immobiliers mandataires. Mais quelle est la réalité derrière ce modèle qui a révolutionné le secteur immobilier en France ? Comment peut-il s’adapter à un marché en pleine crise ? Quel sera l’avenir d’un système qui s’appuie sur le recrutement constant, alors que le volume de transactions a chuté de 1,2 million en 2021 à 760 000 en 2024 ? Plongée dans un business en pleine mutation.

La genèse et l’ascension fulgurante d’un modèle disruptif

Tout commence en 2002 avec la création de Capifrance, premier réseau basé sur deux innovations majeures : pas de locaux physiques et une force de travail composée uniquement d’indépendants sous le statut d’entrepreneur individuel ou de micro-entrepreneur. Ces véritables chefs d’entreprise sont libres de leur organisation et de leur temps de travail.

Après quelques années de rodage, le modèle prend son envol à partir de 2010. C’est surtout à partir de 2015 que les chiffres s’envolent littéralement :

  • 2014-2015 : +2 000 mandataires par an
  • 2016-2017 : +4 000 mandataires par an
  • 2018-2019 : +6 000 mandataires par an
  • 2020-2021 : +8 000 mandataires par an

Cette croissance exponentielle a transformé le paysage de l’immobilier français en à peine une décennie. Aujourd’hui, on compte environ 45 000 mandataires (contre quelques milliers en 2010), répartis dans une centaine de réseaux, dont une trentaine comptent plus de 200 conseillers.

Le phénomène le plus marquant de cette révolution est l’attractivité de cette profession pour les personnes en reconversion : 75% des mandataires n’avaient jamais travaillé dans l’immobilier auparavant. Un chiffre qui témoigne de l’attrait d’un métier vendu comme accessible et potentiellement très rémunérateur. Cependant, la part des professionnels expérimentés a légèrement augmenté ces dernières années (+6%), signe possible d’une certaine maturation du secteur.

Du côté des consommateurs, le modèle a également su gagner leur confiance : 25% des vendeurs passant par un intermédiaire ont choisi un mandataire en 2023, contre seulement 3% en 2010 et 11% en 2017. En tout, ce sont 150 000 transactions qui ont été réalisées par les réseaux en 2023, représentant 25% de parts de marché (contre 24% en 2022).

Mais un tournant s’est opéré en 2023 : pour la première fois en 10 ans, on observe une diminution des effectifs (3 000 mandataires en moins par rapport à 2022). Cette baisse ne s’explique pas par une augmentation des départs, mais par une forte attrition des entrées. La raison est simple : dans un marché immobilier déprimé, le secteur attire moins de vocations.

Anatomie d’un marché : les trois catégories d’acteurs

Le marché des réseaux de mandataires peut être segmenté en trois grandes catégories, chacune avec ses spécificités et ses stratégies de développement.

Les leaders (plus de 1 000 mandataires) : les géants du secteur

Six réseaux dominent largement le marché :

  • IAD (13 700 mandataires, soit 6,3% du marché)
  • Safti (5 600 mandataires)
  • BSK Immobilier (4 200 mandataires)
  • Propriétés-privées.com (3 300 mandataires)
  • Capifrance (2 600 mandataires)
  • Efficity (2 000 mandataires)

Leur modèle économique, désormais bien rodé, repose sur trois piliers fondamentaux :

  1. Le système de parrainage (MLM) qui incite les agents à recruter d’autres mandataires, leur permettant de générer des revenus supplémentaires basés sur les performances de leurs « filleuls ».
  2. Des commissions particulièrement attractives : les mandataires ont l’assurance de toucher une part significative des honoraires, entre 70% et 100% selon les réseaux. En contrepartie, ces agents versent une redevance mensuelle qui constitue une source de revenus stable pour les réseaux.
  3. Un écosystème complet de formations et d’outils digitaux : les mandataires ont accès à des plateformes de formation en ligne, à des outils de gestion client (CRM), et à la diffusion d’annonces sur les principaux portails immobiliers.

Par ailleurs, de nombreux réseaux comme BSK Immobilier actionnent également des leviers de croissance externe pour consolider leur position sur le marché.

Malgré une baisse de 14% du chiffre d’affaires cumulé des 15 plus grands réseaux en 2023 (reflet de la tendance baissière du marché), leurs performances financières restent impressionnantes :

  • 451 millions d’euros pour IAD en 2023
  • 180 millions d’euros pour Safti
  • 104 millions d’euros pour Capifrance
  • 41 millions d’euros pour BSK

La plus forte progression est celle de BSK Immobilier, qui met l’accent sur la formation continue et offre des commissions particulièrement attractives pour séduire de nouveaux candidats.

Les réseaux en croissance (300 à 1 000 mandataires) : la course à la taille critique

Dans cette catégorie intermédiaire, on trouve des acteurs dynamiques comme eXp France (540 mandataires), BL Agents (330 mandataires) ou encore Sextant (310 mandataires).

Moins connus du grand public, ces réseaux déploient des stratégies de développement sensiblement différentes de celles des leaders :

  • Un recrutement plus ciblé et qualitatif : ils cherchent à attirer des mandataires déjà expérimentés en leur offrant des commissions plus élevées et des outils particulièrement performants.
  • Un positionnement sur des segments spécifiques : certains se spécialisent dans des niches de marché, comme les biens internationaux ou le luxe, pour se différencier dans un environnement concurrentiel.
  • Un investissement conséquent dans la visibilité en ligne, avec une double cible : les mandataires potentiels, mais aussi les clients finaux.

Ces réseaux sont engagés dans une course effrénée pour atteindre une masse critique de mandataires, qui leur permettrait d’optimiser leurs coûts et de renforcer leur présence sur le marché. Face aux géants bien installés dans le paysage, ils doivent impérativement se différencier et proposer des modèles alternatifs pour convaincre les agents.

Quelques exemples illustrent bien cette stratégie de différenciation :

  • eXp France, lancé en 2020 comme filiale du groupe international eXp Realty, propose un modèle innovant basé sur la collaboration virtuelle et des solutions technologiques avancées. Le réseau met en avant des forfaits accessibles et l’accès illimité à une suite d’outils performants.
  • 3G Immo-Consultant, avec environ 649 mandataires, se distingue par une approche centrée sur la proximité et l’accompagnement personnalisé des conseillers.
  • BL Agents sélectionne ses agents sur leur connaissance approfondie du secteur local, ce qui lui permet de fournir un service parfaitement adapté aux besoins spécifiques des clients.

Les petits réseaux (moins de 300 mandataires) : le pari de la proximité

Des acteurs comme Liberkeys, LMD immobilier, Noovimo, Casadici ou encore Mon Chasseur Immo adoptent un positionnement radicalement différent, davantage axé sur la proximité locale.

Il s’agit souvent de réseaux régionaux ou départementaux, qui recrutent essentiellement des agents bien implantés dans leur secteur géographique. Cette stratégie présente des avantages indéniables, notamment en termes de relation de confiance avec les clients locaux, mais elle comporte aussi des limites évidentes, notamment la difficulté à faire de cette hyper-localisation un véritable levier de croissance à grande échelle.

Les secrets du recrutement : des promesses séduisantes mais trompeuses ?

Le nerf de la guerre pour ces réseaux ? Le recrutement continu de nouveaux mandataires. Avec 75% des conseillers qui sont des professionnels en reconversion, les réseaux ciblent naturellement les personnes en quête de changement professionnel.

Pour compenser un turnover important et faire croître leurs effectifs, ils déploient des stratégies marketing particulièrement agressives, articulées autour de deux grandes catégories de promesses :

La promesse financière : le miroir aux alouettes

Cette promesse, qui vise principalement les professionnels déjà dans le secteur mais séduit aussi les candidats à la reconversion, s’articule autour de trois arguments clés :

  1. La richesse facile et rapide : l’immobilier est présenté comme un secteur où l’on peut s’enrichir rapidement, particulièrement en rejoignant tel ou tel réseau.
  2. Une véritable guerre des taux de rétrocession : les réseaux se livrent à une surenchère pour attirer les agents, promettant des commissions de 70% à 90%, voire 100% au-delà d’un certain seuil de chiffre d’affaires. Cette stratégie implique que certains réseaux ne gagnent de l’argent que sur les redevances mensuelles.
  3. Le système de parrainage lucratif : les agents sont fortement incités à recruter d’autres mandataires pour générer des revenus supplémentaires, créant ainsi un effet boule de neige qui permet aux réseaux d’augmenter rapidement leurs effectifs sans investissement massif en recrutement direct.

La promesse de facilité : le « mythe du job facile »

Parallèlement, les réseaux entretiennent l’idée que l’immobilier est un secteur facilement accessible, où réussir sa carrière est à la portée de tous. Cette promesse se décline en plusieurs aspects :

  • L’image d’un « job facile » : certaines publicités, comme celles du réseau Safti, suggèrent qu’on peut vendre des maisons confortablement installé dans son canapé, son transat ou son hamac. Le message est clair : fini les contraintes du bureau, on peut faire des affaires depuis chez soi ou même en vacances.
  • Des formations présentées comme « complètes » : les réseaux mettent en avant leurs dispositifs de formation interne, représentant des centaines de milliers d’heures dispensées chaque année, laissant entendre qu’ils transforment n’importe qui en expert immobilier en un temps record.
  • Une prise en charge de toutes les formalités administratives : la promesse est séduisante : le réseau s’occupe de l’administratif, fournit les cartes de visite et les supports marketing, permettant au mandataire de se concentrer uniquement sur les ventes et locations.

Le coût caché : la redevance mensuelle

En contrepartie de ces promesses, chaque mandataire verse une redevance mensuelle dont le montant varie selon les réseaux :

  • IAD France : 163 € par mois
  • Safti : 159 € par mois
  • BSK Immobilier : 125 € par mois
  • Propriétés-privées.com : 169 € par mois

Cette source de revenus devient considérable quand on la multiplie par plusieurs milliers d’agents. Par exemple, avec 5 600 mandataires, Safti encaisse potentiellement près de 900 000 euros chaque mois uniquement en redevances.

Ce modèle économique particulièrement rentable explique pourquoi les réseaux ont tout intérêt à perpétuer le système, quitte à enjoliver quelque peu la réalité dans leurs campagnes de recrutement.

La réalité du terrain : un grand écart avec les promesses

Loin des images idylliques vendues par les réseaux, le quotidien des mandataires immobiliers révèle un contraste saisissant avec les promesses marketing.

Une concurrence devenue féroce

Avec 45 000 mandataires qui se partagent le marché français, la concurrence atteint des niveaux inédits. Leur nombre a été multiplié par 4 entre 2015 et 2020, pour représenter aujourd’hui 46% de la force commerciale totale du secteur. Si l’on ajoute les agents commerciaux rattachés à des agences traditionnelles, les indépendants deviennent même majoritaires.

Cette densité exceptionnelle devient particulièrement problématique dans un marché en repli qui voit le nombre de transactions fondre comme neige au soleil. La conséquence est mathématique : moins de transactions signifie moins de mandats disponibles pour chaque conseiller, et donc une concurrence encore plus féroce pour les obtenir.

Un turnover significatif mais peu documenté

Les réseaux de mandataires sont réputés pour leur taux de rotation important, avec de nombreux agents qui quittent le métier ou migrent vers d’autres réseaux après quelques mois ou années d’exercice.

Paradoxalement, on dispose de peu de chiffres officiels sur ce phénomène. Les réseaux ont naturellement intérêt à mettre en avant le nombre total de leurs mandataires (un indicateur qui renforce leur image de marque) mais beaucoup moins à communiquer sur les départs.

Néanmoins, certains indicateurs sont révélateurs :

  • En un an, IAD France a perdu 8% de son effectif, soit 1 200 mandataires
  • Efficity en a perdu 230 sur la même période
  • Ces départs représentent plus d’un tiers des 3 000 agents en moins sur l’ensemble du territoire français

La question se pose : où sont partis ces mandataires ? Si certains changent simplement de réseau, comment expliquer que la plupart des grands acteurs aient vu leurs effectifs diminuer simultanément ?

Seul BSK Immobilier revendique une croissance massive avec près de 2 000 nouveaux mandataires en un an, ce qui signifierait qu’il aurait récupéré la quasi-totalité des agents quittant les autres réseaux. Un chiffre étonnamment élevé dans un marché en crise profonde.

Le manque de transparence du secteur ne permet pas de vérifier précisément ces données, ni de savoir combien de mandataires sont réellement actifs au sein de chaque réseau. Comme sur les réseaux sociaux, les chiffres bruts peuvent être trompeurs : un réseau peut afficher 13 000 agents mais n’en avoir réellement que 12 000 actifs qui versent leur redevance.

Des revenus variables et souvent précaires

La rémunération d’un agent mandataire dépend directement de sa capacité à finaliser des transactions, créant une instabilité financière considérable : les revenus peuvent varier drastiquement d’un mois à l’autre, passant de 5 000 euros à zéro selon les périodes.

Pour comprendre la réalité économique du métier, prenons l’exemple concret d’un micro-entrepreneur :

  • Commission moyenne sur la vente d’un bien : 5%
  • Rétrocession au mandataire : 70% des honoraires
  • Pour un bien vendu 200 000 euros, la commission s’élève à 10 000 euros
  • 70% de cette somme représente 7 000 euros pour le mandataire
  • Après déduction des 12,3% de cotisations sociales, il reste 6 139 euros
  • Il faut encore soustraire les dépenses professionnelles : frais de déplacement, carburant, abonnement téléphonique et Internet
  • Sans oublier la redevance mensuelle versée au réseau
  • La situation pourrait s’aggraver en 2024 avec l’abaissement du taux de franchise de TVA à 25 000 euros pour les micro-entrepreneurs

Au final, le gain réel oscille entre 5 500 et 5 800 euros, mais pour deux ou trois mois de travail. Chez IAD, chaque mandataire réalise en moyenne 4 ventes par an. En supposant un gain moyen identique pour chaque transaction, cela représente environ 22 000 euros annuels, soit 1 800 euros mensuels avant impôts.

Et ce calcul concerne les mandataires qui parviennent à conclure des ventes régulièrement. Une grande partie des agents gagne significativement moins, surtout dans le contexte actuel de marché déprimé, ce qui explique la précarité importante qui touche la profession.

Une image professionnelle dégradée

Les campagnes publicitaires des réseaux, qui vantent un « travail facile » permettant de s’enrichir rapidement, ont un effet pervers : elles sont vues non seulement par les candidats potentiels, mais aussi par les futurs clients.

Cette communication laisse penser aux consommateurs que les professionnels auxquels ils envisagent de faire appel exercent un métier simple qui demande peu d’expertise. Une perception en contradiction totale avec les efforts déployés par les conseillers immobiliers pour mettre en avant leur professionnalisme, leurs compétences et la qualité de leurs services.

Cette dissonance a un impact négatif sur l’image de l’ensemble des professionnels de l’immobilier, compliquant encore davantage leur travail quotidien.

Une guerre des prix destructrice

Face à la concurrence exacerbée, de nombreux mandataires sont contraints de revoir leurs tarifs à la baisse pour remporter des mandats. Cette guerre des prix a des conséquences délétères :

  • Des honoraires plus bas signifient des gains réduits pour les agents
  • Cette diminution des revenus accentue leur précarité
  • La valorisation des services proposés s’en trouve dégradée

Ce cercle vicieux illustre parfaitement l’écart entre les promesses alléchantes des campagnes de recrutement et la réalité économique du métier sur le terrain.

Un modèle à la croisée des chemins : les défis de demain

Ce modèle qui a profondément transformé le paysage immobilier français se trouve aujourd’hui confronté à plusieurs défis existentiels qui remettent en question sa pérennité.

Un système vulnérable aux fluctuations du marché

La crise actuelle révèle une vérité fondamentale : le modèle des réseaux de mandataires est intrinsèquement dépendant d’un marché dynamique. Quand les transactions s’envolent, les réseaux prospèrent. Mais quand le marché se contracte, comme c’est le cas actuellement avec la chute de 1,2 million à 760 000 transactions annuelles, les limites du système apparaissent au grand jour.

Cette fragilité questionne la viabilité à long terme d’un modèle de croissance fondé sur l’expansion continue dans un environnement favorable. Les réseaux devront nécessairement adapter leur stratégie pour traverser les périodes de crise immobilière.

L’ubérisation progressive de la profession

L’émergence des réseaux de mandataires a profondément modifié le métier de conseiller immobilier, en le rendant :

  • Plus accessible aux nouveaux entrants
  • Plus flexible en termes d’organisation du travail
  • Plus autonome dans la gestion quotidienne

Ces évolutions positives s’accompagnent cependant d’effets secondaires moins enviables :

  • Une concurrence exacerbée entre professionnels
  • Une précarisation croissante des agents
  • Une pression constante sur les prix qui tire les revenus vers le bas

Cette « ubérisation » de la profession soulève des questions importantes sur l’avenir du métier et sur la qualité du service rendu aux clients.

Le défi de l’intelligence artificielle

Comme dans de nombreux secteurs, l’intelligence artificielle pourrait bouleverser radicalement le marché immobilier dans un avenir proche.

L’exemple de Singapour est particulièrement éclairant : une agence y a lancé un service basé sur l’IA qui remplace purement et simplement les conseillers immobiliers traditionnels. Le fonctionnement est simple :

  • L’acheteur utilise une application pour saisir ses critères de recherche
  • L’outil affiche automatiquement les offres correspondantes, tirées des portails d’annonces
  • L’application contacte directement les vendeurs pour organiser les visites selon les disponibilités de chacun
  • Tout cela pour une commission de seulement 0,2%, contre 1% en moyenne pour les professionnels classiques

Si cette innovation suscite des résistances compréhensibles au sein de la profession, elle préfigure néanmoins une évolution possible du secteur. Ignorer cette tendance technologique au prétexte qu’elle menace le modèle établi serait une erreur stratégique majeure.

Vers un nouveau paradigme ?

L’avenir de la profession pourrait s’orienter vers un modèle hybride :

  • Moins de conseillers mais des professionnels plus qualifiés
  • Des agents plus autonomes et polyvalents
  • Une maîtrise indispensable du marketing digital et des outils d’intelligence artificielle

Dans ce paysage en mutation accélérée, plusieurs questions fondamentales se posent :

  • Les réseaux de mandataires, dans leur forme actuelle, auront-ils encore leur place dans cet écosystème transformé ?
  • Ce modèle pourra-t-il supplanter définitivement les agences traditionnelles ?
  • Les conseillers immobiliers continueront-ils d’exister quand l’IA sera capable d’assurer efficacement la mise en relation entre vendeurs et acheteurs ?

La réponse à ces interrogations dessinera le visage de l’immobilier de demain. Une chose est certaine : le secteur est à l’aube d’une nouvelle révolution, peut-être encore plus profonde que celle initiée par l’émergence des réseaux de mandataires au début des années 2000.


Dans un marché immobilier en pleine mutation, confronté à la fois à une crise conjoncturelle et à des bouleversements structurels, les réseaux de mandataires se trouvent à un moment charnière de leur histoire. Après une décennie de croissance fulgurante, ils doivent aujourd’hui réinventer leur modèle pour s’adapter à un environnement plus hostile et technologiquement disruptif. Leur capacité à relever ces défis déterminera s’ils resteront les acteurs dominants de demain ou s’ils céderont leur place à de nouveaux entrants plus agiles et innovants.